lundi, juillet 17, 2017

Le Big Mac confirme la perte de compétitivité de la France

infographie, indice big macL'indice de prix basé sur le célèbre burger de McDonald's montre que le prix du sandwich a nettement augmenté depuis le début de l'année dans l'Hexagone alors qu'il reste stable en Allemagne et chute en Grèce.
La vérité sur la compétitivité est… dans le burger. Plus précisément dans le Big Mac, célèbre sandwich de McDonald's. L'étonnant mais ô combien sérieux indice créé en 1986 par The Economist ,qui compare l'évolution des prix du sandwich - un produit vendu et consommé dans presque tous les pays du monde -, donne des informations très précises sur les ajustements monétaires en cours. Sur la base de cet indice publié deux fois par an, le think-tank bruxellois Bruegel a ainsi conclu que la France perd en effet du terrain en termes de compétitivité au profit de l'Allemagne, tandis que la Grèce progresse fortement dans le domaine.
Pour en arriver à ce résultat, Bruegel a comparé l'évolution de l'indice Big Mac en zone euro entre janvier et juin dernier. Sur cette période, le prix du Big Mac a dégringolé en Grèce de 70 centimes, passant de 3,30 à 2,60 euros et devenant le moins cher de la région. Le Portugal suit avec un Big Mac à seulement 2,80 euros. En Italie et en Belgique, les prix ont baissé de 10 centimes à environ 3,60 euros. Le prix du Big Mac est resté stable en Allemagne (3,56 euros) et en Espagne (3,42 euros). Il a en revanche bondi en Finlande (+35 centimes, à 4 euros) et en France (+30 centimes, à 3,90 euros). C'est dans ces deux pays que le sandwich est actuellement le plus cher.

«Les Big Mac allemands devront devenir plus chers que dans le reste de la zone euro»
«Les évolutions de cet indice montrent que des ajustements monétaires sont en cours, en particulier en Grèce», note le think-tank. Depuis deux ans, le prix du Big Mac y a chuté de 20%, ce qui signifie que «l'euro y est aujourd'hui sous-évalué», selon l'analyse de The Economist. Pour l'hebdomadaire, ce phénomène se traduit par des gains de compétitivité «gagnés de la plus dure des façons» avec des baisses du coût du travail de 6% en 2012 et des salaires qui s'affichent, au premier trimestre 2013, 10% plus bas qu'un an plus tôt. En effet, la Grèce, qui appartient à la zone euro, n'a pas pu unilatéralement choisir de dévaluer sa monnaie lorsque la crise a éclaté et ainsi profiter rapidement de gains de compétitivité.

L'indice montre en revanche que la France souffre d'«un euro trop fort qui pénalise ses exportations», explique The Economist. «Le fait que les prix augmentent en France et restent stables en Allemagne montre que la France perd de la compétitivité», renchérit Bruegel. Le phénomène est d'ailleurs clairement visible dans l'évolution de l'inflation allemande sur les six derniers mois qui a été inférieure à la française. «Pour arriver à un ajustement des prix durable, les Big Mac allemands devront devenir plus chers que dans le reste de la zone euro, tandis qu'en France, en Italie et en Espagne, ils devraient devenir moins chers», prévient le think-tank.

Plus:
  1. Sur le BigMac index facile du Parités de pouvoir d'achat 
  2.  Sur les parités de pouvoir d'achat PPPs
 

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